A qui la faute ?

Le Stade Lavallois finit 2012 dans le chaos. Sur le terrain. Mais aussi, et – probablement – surtout, en coulisse. Les supporters sonnent la révolte, contre la gestion du club. Président-pantin, table-rase du passé, sauf de ceux qui constituent l’allant d’une nouvelle pensée vénale et antisportive : qui sont les coupables de cette crise grandissante, englobant terrain et coulisse ?

a-qui-la-faute-allezlaval.jpgBenoît Maurice, les supporters, Philippe Jan, Bruno Lucas, Philippe Hinschberger : cinq acteurs pour un scénario qui inquiète les adeptes du Stade Lavallois.

Après un week-end froid – au niveau du climat et dans les esprits -, cette semaine aurait dû reprendre avec une trêve du Stade Lavallois, alors que les joueurs Tango sont partis en vacances. Et une obstination à Noël, ainsi que ses festivités en tout genre, mais pas footballistiques – à part du côté de l’Angleterre et son « Boxing Day ». Au lieu de ça, presse et supporters lavallois ont ravivé les flammes qui irritaient l'autour-SLMFC ces dernières semaines, le 24 décembre. Ouest-France a en effet publié une interview de Philippe Hinschberger, annonçant que l'effectif pourrait subir des changements durant le mercato hivernal. De quoi confirmer des soucis dans un vestiaire, qui risque de subir du changement durant ce mercato hivernal. Ouest-France a également amené, dans un registre administratif, la confirmation du départ annoncé de Jean-Marc Mitton, le fidèle acolyte de Loïc Pérard. Personnage emblématique du Stade Lavallois s'il en est. Le tout, tandis qu'un collectif de supporters en colère, protestant justement, entre autre, contre le départ des figures historiques du club, est en train de concrétiser sa mise en place.

Les supporters voient Jan comme le pantin de ses acolytes

« Laval 1902 » : c'est ainsi que se nomme ce groupuscule ouvert à tous, qui souhaite exprimer son ras-le-bol. A l'encontre de quoi, de qui ? Pour faire simple, on pourrait dire de la gestion du club. De fait incarnée par Philippe Jan, le président, le boss de toute l'entreprise Stade Lavallois. Entre le mercato, les tribunes, les horaires de matchs, la réorganisation de son organigramme – administratif et sportif -, son entreprise Bleu-Blanc aussi : il peut sembler déborder. Pour mener à bien toutes ses mission, Philippe Jan – également pointé du doigt quant au manque de fonds du club, en raison de son côté trop « copain-copain » avec les différents actionnaires et sponsors (« l’aristocratie lavalloise » comme les désignent les supporters), ainsi que les élus locaux – ne régit pas en solo ; ce qui est plutôt une bonne chose. Mais le souci, c’est que pour beaucoup, il se retrouverait au contraire, submerger par ceux qui doivent « seulement » l'aider. Et deux hommes se trouvent alors en ligne de mire : Bruno Lucas et Benoît Maurice. En simplifiant, l'un incarne un passé résolu en voie de disparition, l'autre un futur en émergence inquiétante. Pour les supporters, tous deux tirent les ficelles du président-pantin Jan, qui n'est plus réellement le pilote de l'avion ; un avion qui va droit dans le mur – là, c’est sur le terrain que ça se refléterait. Lucas a présidé le club de 2004 à 2007, Maurice est annoncé à cette place dans un futur que tout le monde craint assez proche (d’ici l’été prochain ?).

Chaos en tribune et en coulisse : malheureusement, le purement-sportif suit...

D'autant qu'un départ de Philippe Jan semble sous-entendu un petit peu trop fréquemment. Notamment lors de la réunion d'octobre, sur la réorganisation de l'organigramme, avec la possible arrivée d'un directeur sportif – dont l'on n'a pas eu de nouvelle. Le souci, c'est que, comme l'a confirmé lui-même Philippe Hinschberger, en cas de départ, « je vois plutôt un départ du tandem Jan-Hinschberger ». Et c'est là que l'on peut transiter, du chaos administratif, qui entraîne le ras-le-bol des tribunes, au terrain – où ça ne va très bien non plus. Il fût un temps, des minorités de supporters étaient en conflit avec Daniel Dufour. Aujourd'hui, une grande partie de ces minorités a changé de cibles, et reproche le départ de Dufour ; comme ceux de Pérard, Mitton, Audrain... Avec Michel Audrain, on retombe aussi au terrain. Celui-ci ne s'entendrait plus du tout avec Philippe Hinschberger, Guillaume Ravé jouerait les racoleurs. Ce qui n’aiderait pas un vestiaire, où il ne ferait pas non plus bon vivre – la pression des conflits de l’organigramme ? -. Du changement sportif est annoncé avec le mercato. Le chamboulement chaotique va aussi continuer en coulisse, pas comme les supporters le voudraient.

Le Stade Lavallois apprend la crise, avec quelle(s) suite(s) ?

Au final, même si le terme dérange et se rattache mieux au PSG ou à l’OM, le Stade Lavallois traverse une petite « crise » en cette fin d’année – pour les supporters, ce n’est que le résultat d’une politique qui dégénère depuis bien longtemps déjà. Une crise d’adolescence, pour mieux repartir dans une post-puberté murie ? Le public ne l’entend pas du tout de cette oreille. Et craint un effacement progressif puis total des valeurs du club, ainsi que de son histoire. Avec la mise en retrait des Le Millénaire et consorts, ainsi que des historiques encore au club à l’aube des années 2010. Cette « crise », loin d’être uniquement sportive, avec aussi une gestion interne ambigüe, commence à faire sortir de leurs gonds des supporters en désamour grandissant pour le SLMFC. Même si, au sein du club, tout le monde semble défendre tout le monde – sauf ceux qui sont poussés vers la sortie ; et encore, Philippe Jan a vanté Loïc Pérard après l’avoir poussé dehors – dès que le sujet, d’un chaos interne, est susurré. Le poète argentin Antonio Porchia disait : « Que chacun porte sa faute et il n'y aura pas de coupables ».

Charles.T

© Allez-Laval.e-monsite.com

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site