Départ d'Hinschberger : un échec anticipé ?

Conforté à la tête de l'équipe l'été dernier, Philippe Hinschberger l'avait rebâti à sa guise. Sept mois plus tard, alors que la situation est inquiétante mais pas désespérée, il est dispensé de ses fonctions.

P hinschberger depart imagesport53Philippe Hinschberger paye les mauvais résultats d'une équipe qu'il a lui-même édifié. © Image Sport 53

La question est éternelle de savoir, quand ça va (très) mal, si c'est la faute des joueurs, du staff, des dirigeants ; et – surtout – qui doit payer les pots cassés, ou en train de se casser avant qu'il ne soit véritablement trop tard. « Lorsque les résultats sont mauvais, c'est le gardien qui trinque, puis l'entraîneur, ou l'inverse », annonçait, tel un devin, le doyen de l'équipe Lionel Cappone, au moment où Philippe Hinschberger lui confiait les cages lavalloises il y a un mois. Mike Vanhamel fait partie de ceux qui ont été écarté à un moment ou l'autre, sans pour autant que l'équipe ne connaisse un véritable coup d'orgueil. Alors ce lundi, c'est Philippe Hinschberger qui a été à son tour mis de côté ; comme un ultime coup de poker cette saison. Philippe Hinschberger, l'homme qui a pris le club en 2007-2008, l'année de la perte du statut pro et des espoirs bafoués en National avec les Arbaud, Ben Khalfallah et consorts ; mais surtout l'homme de la remontée en 2009, avec récupération du statut pro. Depuis il a toujours maintenu le club, jusqu'à cette saison.

L'été dernier, il a reconstruit l'équipe à sa guise

L'été dernier, le Stade Lavallois était arrivé en fin de cycle. Plus que jamais, le club s'en est sorti in extremis – sous la houlette d'Hinschberger – en mai dernier. Sans perdre de temps, il a fallu amorcer le nouveau cycle. L'avenir de l'entraîneur n'a pas été mis en question ; au contraire : plus que jamais, il a été désigné maître du chantier de l'intersaison. Exit les vilains petits canards (Balijon, Gamboa), les joueurs visés directement par la fin de cycle (Talmont, Lebouc, Gimbert, Do Marcolino), ceux sur qui il ne comptait plus (Betsch, Hamdi), et même l'adjoint Michel Audrain (avec qui les relations s'étaient également tendues en 2013). Epaulé par son ami Denis Zanko, soutenu corps et âme par le président Jan, coach PH a bâti son équipe comme bon lui semblait. Quelques éléments de confiance conservés (Vanhamel, Belaud, Perrot, Gonçalves), des arrivées d'expérience (Rippert, Alla, Bekamenga), quelques anciens poulains qu'ils affectionnaient (Couturier, Renouard), des profils adaptés à ses convictions de jeu (Baby, Robic, Toudic), quelques paris internes (Mimoun, Lolohea, Militosyan) et externes (Ben Djemia, Sané).

Les joueurs ne l'ont pas lâché, mais...

De l'avis de tous, cette équipe avait sans nul-doute de l'allure sur le papier. Malheureusement, le terrain a bafoué toute la féerie estivale. Les joueurs – autant ceux en qui il a maintenu sa confiance, que ceux qu'il a fait venir – n'ont pas lâché le coach, mais malgré eux ils l'ont poussé dehors ; en décevant tantôt par des contenus inaboutis, souvent par des bilans comptables insuffisants. La faute en grande partie, mise à part la triplette Adeoti-Baby-Bekamenga, à des performances individuelles globalement décevantes, qui ne peuvent pas faire de magie collective. Est-ce la faute de la méthode Hinschberger qui n'exploitait pas comme il faut les qualités, avérées, de son groupe ? Chacun son avis. Toujours est-il que ce lundi, l'entraîneur a été mis de côté et ne pourra pas refaire surface comme un joueur écarté. Cette « dispense », plutôt qu'un licenciement net pourrait être liée – au moins partiellement – à un désaccord dans les termes du divorce, après quasiment sept années ensemble. Depuis vendredi et le match d'Istres, la relation Jan-Hinschberger a fini par craquer – une victoire aurait changé la donne, quelques penaltys aussi (ça vaut aussi pour le match d'Angers)... Hinschberger aurait d'ailleurs téléphoné à M.Perrrau-Niel ce week-end.

Un divorce sous forme de « dispense » après six ans et demi

Pour d'autres dirigeants, cela fait quelques temps – dès l'été dernier – qu'il fallait réfléchir à un changement d'entraîneur. Jan est le patron, il a maintenu sa confiance à Hinschberger, qui a érigé son équipe... mais les résultats n'ont pas suivi. Avant même de savoir si cette bâtisse était instable au point d'enterrer le club en National, la décision a été prise de changer le chef de chantier : pour sauver ce qui peut encore l'être (à savoir le club et sa peau en Ligue 2). C'est Denis Zanko qui devra reprendre le flambeau, ramener un souffle nouveau dans l'équipe. Tout en dégageant aussi une image rafraîchissante envers les supporters et tous ceux qui gravitent autour du club. Pour autant, il ne faut pas attendre de changement radical. L'ancien entraîneur du Mans ne fera que reprendre le flambeau de son ami et ex-collègue, qui aura quoiqu'il en soit marqué l'histoire moderne du Stade Lavallois. Fallait-il mettre Philippe Hinschberger dehors ce lundi ? Beaucoup pensent qu'il fallait le faire plus tôt, ou attendre l'issue de cette saison. La direction, elle, a tranché ce 24 février.

CT

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