Paroles, paroles, paroles...

La venue d'Istres était annoncée comme le match de tous les espoirs, il a finalement pris une tournure inverse. Les belles déclarations brassent du vent, des actes pourraient devenir inéluctables.

Ph conf stadelavalloisEt si Istres avait été le dernier Tango de Philippe Hinschberger ? © stade-lavallois.com

« Encore des mots, toujours des mots, rien que des mots... Des mots faciles, des mots fragiles, c'était trop beau... » Et vendredi, on s'est amusé à imaginer comme interlocuteur à Dalida, sur sa chanson « Paroles, paroles » la conférence d'avant-match d'Anthony Gonçalves, ou celle d'après-match de Philippe Hinschberger. « La vie est faite de rendez-vous, Istres en est un à ne pas manquer. Notre mission est de sauver le club, c'est un beau challenge », pour le premier. « C'est une sale soirée. Les joueurs ont poussé, tout donné, ils étaient épuisés, morts, en sortant du terrain », pour le second. Et le fait est qu'au final, la victoire impérative a débouché sur une défaite aux allures de dérive : Laval a marqué trois buts, mais en a pris quatre dans une soirée aux allures de joyeux bordel. Finissant par des engueulades dans les vestiaires, puis des échanges verbaux musclés entre supporters et – certains – joueurs.

Le match à gagner contre Istres, Laval l'a perdu

Bien sûr, dans cette composition musicale dramatique, on ne pourra pas oublier Monsieur Perrau-Niel et ses assistants au premier rang de l'orchestre. Outre des petites erreurs d'interprétations comme il y en a dans tout match de football, on aura eu droit à trois-quatre notes très stridentes et dur à encaisser. Diarra hors-jeu sur le premier but – élément déclencheur de ce match fou – et puis les quelques penaltys sur Robic et Lolohea en seconde période... Dans sa tourmente actuelle, le Stade Lavallois n'est pas aidé par les éléments extérieurs (arbitrage, poteau rentrant...). Mais ne doit pas non plus oublier les traquenards qu'ils se posent lui-même : sur un simple penalty à Angers pas plus tard que la semaine dernière, ou dans l'ensemble de cette rencontre face à Istres. Alors qu'on nous claironnait de la solidarité dans le jeu, de la cohésion, de la combativité : « des mots magiques, des mots tactiques, qui sonnent faux », sifflait Dalida. Vendredi, jamais on n'a vraiment senti les Tango attaquer ou défendre tous ensemble.

Des paroles, des pensées... des actes ?

Les latéraux montaient quand les milieux étaient bas ; quand les milieux projetaient le jeu de l'avant, les solutions latérales étaient inexistantes ou vouées à obtenir au mieux une touche. Sur les contres istréens, ça a piqué sec ; ça a marqué quatre fois... Dans ce match qu'il fallait mieux ne pas qualifier de « tournant » au final – mais qu'il aurait été judicieux de négocier comme tel. Les prochains matchs relèveront plus de la survie des espoirs que de leur concrétisation. En coulisse, ça (re)commence à sérieusement tanguer. Philippe Hinschberger est de nouveau au cœur des débats. « Rien ne t'arrête quand tu commences, si tu savais comme j'ai envie d'un peu de silence », pourraient chanter les supporters résignés par ses conférences de presse. Le directoire et le conseil de surveillance ont possibilité leur donner raison. La pensée du changement commence à sérieusement enivrer le Stade Lavallois – reste à trouver un potentiel remplaçant acceptant la mission, parmi les noms auxquels pensent les dirigeants. Des paroles semées au vent ? Ou des pensées aux paroles et aux actes.

CT

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